Accueil › Blog › Ciblage

TAM, SAM, SOM : calculer la taille d'un marché B2B, pas à pas

Le TAM est le marché total adressable (toutes les entreprises qui pourraient acheter l'offre), le SAM la part que l'entreprise peut servir, et le SOM la part qu'elle peut réellement gagner sur une période donnée. Chaque niveau se calcule en multipliant un nombre de clients possibles par le revenu annuel moyen par client, avec des filtres de plus en plus serrés.

Une agence de prospection reçoit souvent la même demande : « trouvez-nous des clients ». Avant de lancer la moindre campagne, il faut savoir combien de clients possibles existent, combien on peut réellement toucher et combien on peut raisonnablement signer. C'est exactement ce que mesurent le TAM, le SAM et le SOM.

TAM, SAM, SOM : les trois définitions

Les trois sigles viennent de l'anglais et s'emboîtent : chaque niveau est une partie du précédent. On les exprime en général en chiffre d'affaires annuel, mais une agence a tout intérêt à garder aussi le nombre d'entreprises et le nombre de décideurs à chaque étage.

SigleNom anglaisEn françaisQuestion posée
TAMTotal Addressable MarketMarché total adressableCombien rapporterait l'offre si toutes les entreprises qui pourraient en avoir besoin l'achetaient ?
SAMServiceable Available MarketMarché adressable utileQuelle part de ce marché le client peut-il servir avec son offre, sa zone et ses moyens actuels ?
SOMServiceable Obtainable MarketMarché réellement accessibleQuelle part du SAM peut-il gagner sur une période donnée, face à la concurrence et avec sa capacité commerciale ?

La formule de base est la même aux trois niveaux : nombre de clients possibles multiplié par le revenu annuel moyen par client. Ce qui change, ce sont les filtres appliqués au nombre de clients.

Pour une agence, le SOM est le chiffre le plus utile. Le TAM sert à vérifier que le marché vaut l'effort ; le SOM sert à fixer des objectifs de rendez-vous et de signatures que le client peut croire.

Top-down ou bottom-up : deux façons de calculer

La méthode top-down (du haut vers le bas) part d'un chiffre global, par exemple le nombre d'entreprises en France publié par l'Insee, puis applique des pourcentages successifs pour descendre jusqu'au SAM et au SOM.

La méthode bottom-up (du bas vers le haut) part d'un comptage réel : on liste les entreprises qui répondent aux critères du client, on les compte par tranche de taille, puis on multiplie par un panier moyen observé chez ses clients actuels.

Top-downBottom-up
Point de départStatistique publique ou étude de marchéListe d'entreprises comptées une par une
RapiditéQuelques minutesQuelques heures, selon les outils
FiabilitéDépend des pourcentages choisis, souvent optimistesMeilleure, car chaque entreprise existe
Usage conseilléPremier ordre de grandeur, pitchPlan de prospection, objectifs chiffrés
Limite principaleNe dit pas qui contacterDépend de la qualité de la base utilisée

Les deux méthodes se complètent. Si le top-down donne un SAM dix fois plus grand que le bottom-up, l'un des deux repose sur une hypothèse fausse, et c'est souvent un pourcentage pris « au jugé » dans le top-down.

Calcul top-down pas à pas avec les chiffres de l'Insee

Le point de départ ci-dessous est réel. Selon l'Insee Focus n° 372 (publié le 10 décembre 2025, données 2023), les secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers comptent 163 992 PME hors microentreprises, 7 031 entreprises de taille intermédiaire (ETI) et 312 grandes entreprises.

L'Insee classe une entreprise en PME si elle compte moins de 250 personnes et réalise au plus 50 millions d'euros de chiffre d'affaires ou 43 millions de total de bilan. Une microentreprise compte moins de 10 personnes avec au plus 2 millions d'euros de chiffre d'affaires ou de bilan. Les « PME hors microentreprises » correspondent donc, en gros, aux entreprises de 10 à 249 personnes.

La suite est un exemple fictif. Le client de l'agence vend un logiciel de planning à 3 000 € HT par an et par entreprise. Il vise les PME hors microentreprises. Les pourcentages sont des hypothèses à remplacer par les vôtres.

ÉtapeCalculEntreprisesValeur annuelle
1. TAM163 992 PME hors MIC (Insee 2023) × 3 000 €163 992491 976 000 €
2. SAMHypothèse : 30 % travaillent dans les secteurs où le logiciel est adapté49 198147 594 000 €
3. SOM (part de marché)Hypothèse : 2 % du SAM gagnés en 3 ans9842 952 000 €
4. SOM (capacité)2 commerciaux × 8 signatures par mois × 36 mois5761 728 000 €

Le SOM retenu est le plus petit des deux chiffres de l'étape 3 et de l'étape 4, ici 576 clients sur trois ans. Une part de marché que l'équipe commerciale n'a pas le temps de signer n'est pas un marché accessible.

Ce calcul a deux limites qu'il faut annoncer au client. D'abord, l'Insee compte des entreprises au sens économique : un groupe de plusieurs sociétés compte pour une seule entreprise, alors qu'une base de prospection compte souvent chaque numéro SIREN. Ensuite, le champ exclut notamment l'agriculture, la finance, l'enseignement et la santé.

Calcul bottom-up : partir d'un comptage réel

Le bottom-up se fait avec une base d'entreprises filtrable (code NAF, effectif, région) ou un outil de comptage. On compte par tranche de taille, parce que le panier moyen et le nombre de décideurs changent avec la taille.

Exemple fictif : un intégrateur informatique vend des contrats d'infogérance à des entreprises industrielles d'une région. Le comptage et les paniers moyens ci-dessous sont inventés pour l'illustration.

Tranche d'effectifEntreprises comptéesPanier moyen annuelSAM
50 à 99 salariés2 1006 000 €12 600 000 €
100 à 249 salariés1 40010 000 €14 000 000 €
250 à 499 salariés50018 000 €9 000 000 €
Total4 00035 600 000 €

Le panier moyen doit venir des clients actuels du client (chiffre d'affaires annuel par client, par tranche), pas de sa grille tarifaire. Un tarif affiché est presque toujours plus haut que ce que les clients paient vraiment.

Pour passer au SOM, on retire d'abord les entreprises exclues : clients existants, concurrents, entreprises déjà sous contrat longue durée si le client le sait. On applique ensuite la contrainte de capacité, comme dans l'exemple top-down.

Du SOM au plan de prospection

Une agence ne vend pas du chiffre d'affaires, elle vend des conversations. Il faut donc traduire le SOM en nombre de décideurs à contacter, puis en rendez-vous.

Reprenons l'exemple fictif de l'intégrateur. Les taux ci-dessous sont des hypothèses de départ à corriger après les premières semaines de campagne.

  1. Entreprises dans le SAM après exclusions : 3 600.
  2. Décideurs à toucher par entreprise (direction générale et responsable informatique) : 2, soit 7 200 contacts.
  3. Hypothèse de taux de rendez-vous sur les entreprises contactées : 3 %, soit 108 rendez-vous.
  4. Hypothèse de taux de signature après rendez-vous : 20 %, soit environ 22 clients.
  5. Valeur signée : 22 clients × panier moyen pondéré (35 600 000 € ÷ 4 000 = 8 900 €), soit environ 195 800 € par an.

Ce petit calcul change la discussion avec le client. S'il attend 50 signatures dans l'année, l'agence peut lui montrer, chiffres à l'appui, que le marché défini est trop étroit ou que l'objectif suppose des taux de conversion très supérieurs aux hypothèses.

Le comptage de décideurs sert aussi à dimensionner le fichier de prospection : combien de contacts importer, par vagues, pour ne pas épuiser le marché en un mois. Une fois la liste constituée, le lead scoring permet de commencer par les entreprises les plus proches du profil visé.

Dans Ciblix, l'agence décrit la cible du client et l'outil compte les décideurs qui correspondent, par taille d'entreprise, avant tout import. C'est une façon de faire le bottom-up sans constituer la liste à la main.

Les erreurs qui faussent le calcul

  • Prendre toutes les entreprises de France comme TAM. L'Insee recense plus de 4 millions de microentreprises dans les secteurs principalement marchands en 2023 ; la plupart n'achèteront jamais une offre B2B à plusieurs milliers d'euros.
  • Empiler des pourcentages sans source. Chaque pourcentage du top-down doit être justifié (part d'un secteur dans les statistiques, part observée dans les clients actuels) ou présenté comme une hypothèse.
  • Utiliser le tarif catalogue comme panier moyen. Prenez le revenu réel par client.
  • Oublier la capacité commerciale. Le SOM est limité par le nombre de rendez-vous que l'équipe peut tenir et la durée du cycle de vente.
  • Confondre entreprises et contacts. Une entreprise de 300 salariés peut compter trois ou quatre décideurs concernés ; une entreprise de 15 salariés, souvent un seul.
  • Ne jamais recalculer. Après un mois de campagne, remplacez les taux supposés par les taux observés.

Les questions à poser au client en atelier de cadrage

Ces questions permettent d'obtenir les chiffres nécessaires au calcul en une réunion. Elles servent aussi à préparer le profil de client idéal (ICP), qui fixe les filtres du SAM.

  1. Combien de clients actifs avez-vous, et combien chacun vous rapporte-t-il par an, en moyenne et par taille d'entreprise ?
  2. Quels secteurs et quelles tailles d'entreprise représentent vos dix meilleurs clients ?
  3. Dans quelle zone pouvez-vous livrer ou intervenir sans difficulté ?
  4. Quelles entreprises refusez-vous, ou regrettez-vous d'avoir signées ?
  5. Combien de rendez-vous par semaine votre équipe peut-elle tenir ?
  6. Combien de temps s'écoule entre un premier rendez-vous et une signature ?
  7. Quel est votre taux de signature après un rendez-vous qualifié, si vous le mesurez ?
  8. Quel objectif de signatures visez-vous sur 12 mois ?

Avec ces réponses, l'agence peut remplir les deux tableaux de cet article, confronter top-down et bottom-up, et présenter au client un SOM qu'il comprend et qu'il peut contester point par point.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre TAM, SAM et SOM ?

Le TAM mesure tout le marché possible pour une offre, le SAM la partie que l'entreprise peut servir avec son offre et sa zone actuelles, et le SOM la partie qu'elle peut réellement gagner sur une période donnée. Chaque niveau est inclus dans le précédent.

Comment calculer le TAM d'une offre B2B ?

Multipliez le nombre d'entreprises qui pourraient acheter l'offre par le revenu annuel moyen par client. Le nombre d'entreprises peut venir d'une statistique publique comme celles de l'Insee (méthode top-down) ou d'un comptage dans une base d'entreprises (méthode bottom-up).

Faut-il préférer la méthode top-down ou bottom-up ?

La méthode top-down donne vite un ordre de grandeur, la méthode bottom-up donne un chiffre plus fiable parce qu'elle part d'entreprises réellement comptées. Faire les deux permet de repérer une hypothèse trop optimiste.

Combien y a-t-il de PME en France ?

Selon l'Insee Focus n° 372 (décembre 2025), les secteurs principalement marchands non agricoles et non financiers comptaient 163 992 PME hors microentreprises en 2023, ainsi que 7 031 ETI et 312 grandes entreprises.

Comment calculer le SOM de façon réaliste ?

Calculez une part de marché atteignable sur le SAM, puis comparez-la à la capacité commerciale (signatures possibles par mois multipliées par la durée). Retenez le plus petit des deux chiffres.

Scorez le marché de votre prochain client

Décrivez la cible, Ciblix compte les décideurs et note chaque entreprise sur 20. Sans engagement, dès 290 € HT par mois.

Créer mon espace Ciblix
À lire aussi

Ideal customer profile (ICP) : définir la cible B2B d'un client, avec un gabarit

Un gabarit d'ICP B2B à remplir et une méthode en cinq étapes pour cadrer la cible d'un client.

Fichier de prospection B2B : colonnes, étapes et modèle Excel gratuit

Les colonnes, les sources de données, le nettoyage et un modèle Excel gratuit pour bâtir un fichier de prospection B2B.

Lead scoring : définition, méthode et exemple de grille B2B

Noter les prospects pour savoir par qui commencer : la méthode, une grille B2B d'exemple et les erreurs à éviter.